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Hybrides F1 : l’alimentation naturelle perdue à jamais

A l’issue de la Seconde Guerre Mondiale, les variétés dites « hybridées F1 » ont rapidement colonisé les champs européens. Elles atterrirent encore plus vite dans nos assiettes. A l’instar des OGM d’aujourd’hui, le maïs « hybride » n’était rien d’autre que le leitmotiv de l’agriculture conventionnelle occidentale d’hier. Si l’on regarde certaines variétés telles de nombreux légumes, le tournesol ou le colza, il est quasiment impossible de trouver autre chose que des semences hybridées F1. Développées par l’industrie de la semence pour servir ses propres intérêts, ces dernières lui sont nettement plus profitables que toutes les tentatives d’amélioration variétale d’autrefois.

L’hybridation F1 n’est, en effet, nulle autre chose qu’un regroupement des propriétés propres à différentes plantes en une seule semence. Pour se faire, les sélectionneurs ont pris un malin plaisir à puiser à volonté dans l’immense répertoire des variétés anciennes, à savoir celles autrefois cultivées. Très simplement, la généralisation de l’hybridation F1 met un cran d’arrêt énorme à la biodiversité. De plus, elle donne les pleins pouvoirs aux semenciers et sélectionneurs. Bienvenue dans la face cachée de l’alimentation moderne.

Explications…

Les variétés naturelles sont stables

Simplifions autant que faire se peut. Pour créer une semence F1, le sélectionneur cherche tout d’abord deux populations A et B présentant chacune des caractéristiques dignes d’intérêt, que l’autre ne possède pas. Très simplement, le rôle du sélectionneur est de rassembler plusieurs caractéristiques étrangères au sein même d’une seule variété. Pour réaliser cela, il se doit de cultiver A et B l’un à côté de l’autre. Cependant, il doit aussi veiller à les isoler de toute autre population. Par la suite, il doit féconder A par B, ce que l’on appelle une fécondation dirigée.

Néanmoins, il doit faire cela tout en ayant pris soin de supprimer l’organe mâle de la reproduction végétale, appelé étamine. Ceci a pour but d’empêcher l’auto-fécondation. Enfin, il ne lui reste plus qu’à récolter sur A la semence appelée « AB » de 1ère génération. Voilà ce qu’est une semence dite « F1 ». Ce dernier terme désigne, par ailleurs, la 1ère Fécondation. L’année d’après, le sélectionneur sème à son tour cette semence F1, puis laisse le temps aux populations de féconder entre elles. Puis, il récolte la semence F2 et il en sera ainsi de suite pendant environ 18 générations (afin de stabiliser définitivement AB).

Dans l’optique de produire des semences dites « hybrides », il faut alors mouvoir le processus de multiplication vers l’amont, à savoir directement chez le sélectionneur (ou semencier). Le croisement de A par B se voit alors effectué à très grande échelle dans les champs d’agriculteurs multiplicateurs qui sont alors sous contrat avec le semencier. Comme vous l’avez probablement compris, l’objectif est d’obtenir un nombre suffisant de semences afin de la vendre au stade F1 à l’agriculteur, qui l’utilisera par la suite.

Tout cela a pour seul et unique but de contourner la phase de stabilisation de la variété créée. Par conséquent, la semence vendue est tout à fait instable. De fait, l’agriculteur se verra dans l’incapacité de la ressemer et sera donc contraint de racheter, d’année en année, la même semence. Dans l’hypothèse où il la ressèmerait, il perdrait manifestement tous les avantages liés à l’hybridation… aussi bien du point de vue de la productivité que de l’homogénéité de la culture.

Profits augmentés, liberté surveillée et goût diminué

A la fois pour le semencier et le sélectionneur, les marges sont démultipliées chaque année du fait de la nécessité, pour le paysan, de racheter annuellement sa semence. En outre, une fois ce dernier entièrement dépendant, les coûts des semences grimpent très rapidement. Ces géants de l’agro-alimentaire disposent ensuite de moyens gigantesques, qui leur ouvrent la voie à l’investissement dans les biotechnologies et OGM.
Source : « Hétérosis et variétés hybrides en amélioration des plantes », Gallais A., p.297, 2009.

En ce qui concerne le paysan, la perte d’autonomie est directement liée à sa mise sous tutelle en amont, aux investissements indispensables (irrigation, épandages, etc…) et aux intrants chimiques nécessaires. Les énormes corporations, initiatrices de la concentration industrielle, occupent alors les rôles d’intermédiaires en amont (vente de semences et d’intrants) et en aval (stockage et commercialisation des récoltes).

En ce qui concerne le consommateur, ces nouvelles semences entraînent indéniablement une augmentation des taux de molécules toxiques contenues dans les aliments et, bien sûr, dans l’environnement. Par exemple, les fruits issus de ces semences hybridées contiennent bien plus d’eau et ont un goût beaucoup moins prononcé. D’après des tests de TCA (Troubles du Comportement Alimentaire) chez les rats, on se rend compte que ces rongeurs sont sensibles à ces semences hybridées.

Sans nul doute, la qualité nutritionnelle des aliments issus de semences hybrides est fortement réduite.

Un crime contre la biodiversité

Jadis, les artisans de la Terre adaptèrent les plantes à leur environnement. A travers l’Histoire, des millions de variétés, toutes espèces inclues, ont ainsi été développées.

Or, après 1945, le recyclage des usines d’explosifs et d’armes hautement chimiques va rendre l’inverse envisageable. En effet, l’idée nouvelle est désormais d’adapter l’environnement pour permettre aux plantes de produire autant que possible. Mais comment procéder ? Tout « simplement » en apportant les intrants chimiques soi-disant nécessaires à la croissance des végétaux. Dès lors, cela sous-entend donc l’usage des engrais et des pesticides, qui sont désormais devenus incontournables pour éradiquer les nuisibles et « protéger » ces plantations réalisées par l’agriculture conventionnelle.

Les profits énormes générés, dus à un rachat annuel de semences par le paysan, donnent les moyens aux industriels de l’agro-alimentaire d’influer sur les lois régissant le commerce des semences dans le monde entier. L’objectif est clair : supprimer à jamais la possibilité pour l’agriculteur de sélectionner lui-même sa semence. La loi n° 2011-1843 du 8 décembre 2011, relative aux certificats d’obtention végétale, en est un des plus parfaits exemples.

Conclusion

Comme nous vous l’avions promis, le point sur les semences hybrides a été fait à travers cet article. Sachez que le BIO est tout autant touché par ces problèmes de semences que le conventionnel. Aujourd’hui, il est strictement interdit de vendre des semences ne figurant pas sur le catalogue officiel des semences (réalisé par les plus gros semenciers). Tout manquement à cette « règle » entraîne généralement des pénalités financières assez lourdes.

En bref, manger sain et 100% naturel est aujourd’hui une pure utopie… à fortiori dans les sociétés industrialisées. Les variétés ont été génétiquement sélectionnées pour leur robustesse et leurs couleurs. Elles n’ont en aucun cas été sélectionnées pour leurs qualités nutritionnelles. Sans parler de l’état des sols qui, même dans le BIO, est loin d’être idéal…

Prenez soin de vous et visez votre indépendance en termes de santé avec Terraponia.fr.

Jimmy

 

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8 réflexions au sujet de « Hybrides F1 : l’alimentation naturelle perdue à jamais »

  1. Bonjour,
    Heureusement, il existe des associations comme “Les Fraternités Ouvrières” où on peut se procurer des semences anciennes de tous les légumes, venant de tous les coins du monde. Il faut se rendre sur place le jeudi de 14 à 18 h : fraternitesouvrieres.over-blog.com/
    Cela concerne bien sûr les jardiniers amateurs mais c’est déjà quelque chose !
    Danielle

    1. Bonjour,

      Certes, et il existe également l’association Kokopelli. Toutefois, c’est question est un enjeu majeur pour notre société et notre santé. Dès lors, s’il est vrai que c’est un début … il est également vrai que c’est bien insuffisant !

      Bien à vous.

      Jimmy

    1. Bonjour,

      Non, ce qui a été communiqué en 2018 est l’autorisation de vente des semences paysannes à partir de 2021. Toutefois, la vente ne sera autorisée que pour le BIO … qui sera très en difficulté d’ici là puisque la France a gelé toutes les aides à la conversion à l’Agriculture BIO jusqu’en … 2021.

      Comme c’est étrange ! La date de fin de gel des aides à la conversion en BIO se produit exactement la même année que le prétendu retour des semences paysannes, à savoir en 2021. Il ne s’agit pas d’une coïncidence, c’est certain.

      Bien à vous.

      Jimmy

    1. Bonsoir,

      Oui, c’est certain … mais comme il l’a été dit précédemment, ce ne sera appliqué par l’UE qu’à partir de 2021. D’ailleurs, cela est indiqué dans le lien que vous avez fourni.

      “Cette décision, qui n’entrera en vigueur que dans deux ans et demi, en 2021, met un terme à 37 ans de contraintes (la commercialisation de semences hors catalogue officiel ayant été interdite par décret en 1981)”.

      Enfin, dernière chose : c’est loin d’être la panacée pour autant. Une telle décision fait qu’il y a nécessairement anguille sous roche, surtout que les industriels s’accaparent à vitesse Grand V le monde du BIO.

      Le BIO n’a jamais été autant en péril qu’il ne l’est actuellement. Alors, du côté de Terraponia, on fera le bilan dans 3 ans !

      Merci pour votre intervention.

      Bien à vous.

      Jimmy

      1. A propos d’information, pour avoir une vision assez large de l’actualité vraie comme le fait Terraponia, voici un lien assez intéressant. Si Terraponia s’y inscrire, il élargira son auditoire et permettra à ses lecteurs de connaître ses nouveaux billets.
        Le portail de l’information libre.
        http://free.niooz.fr/

        Crdlt
        PS (je ne suis pas de l’équipe du site niooz mais simple personne assidue à l’information non merdiatique séparant le bon grain de l’ivraie. “J’aime donc je sème ce savoir” comme le dirait la semeuse La Rousse).